What Chirac said. Story from Le Monde. I think Chirac must have been gassed. I don't have time to translate it all but I'll do the juicy bits.
[I went back for the URL but they'd changed to today's edition. This is from the 18th]
M. Chirac fustige les pays candidats "pas très bien élevés" trop prompts à soutenir Washington
M.Chirac scolds "badly brought up" candidate countries too quick to support Washingtom
Bruxelles de notre bureau européen
Invités à rencontrer, mardi 18 février, au lendemain du sommet européen extraordinaire, les représentants de la "troïka" européenne, les chefs d'Etat et de gouvernement des treize pays candidats auront sans doute un autre sujet de conversation que le résultat de la réunion des Quinze, dont ils auront lu les détails dans les journaux : la volée de bois vert que Jacques Chirac a adressée, la veille, à ceux d'entre eux qui ont pris le parti de manifester, sous forme épistolaire, leur solidarité transatlantique, quitte à participer d'une désunion de l'Europe dans le cadre de la crise irakienne.
[This is neat]:
Se départissant du ton diplomatique, le président français s'en est pris aux pays "qui ont perdu une bonne occasion de se taire" en choisissant de signer la "lettre des huit" (Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Portugal, Danemark, Pologne, Hongrie et République tchèque) témoignant de leur solidarité envers Washington, ainsi qu'aux dix pays de l'Europe ex-communiste du "groupe de Vilnius", qui ont fait de même. "Ces pays ont été à la fois, disons le mot, pas très bien élevés et un peu inconscients des dangers que comportait un trop rapide alignement sur la position américaine", a souligné M. Chirac.
Abandoning a diplomatic tone, the French president took on the countries "which lost a good opportunity to shut up" in choosing to sign "the Letter of the Eight" (Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Portugal, Danemark, Pologne, Hongrie et République tchèque) testifying to their solidarity with Washington especially the ten countries of ex-communist Europe, "the Vilnius group" which did the same. "These countries have been, not to mince words, both badly brought up [childishly, boorishly, unmannerly] and a lttle unaware of the dangers carried in their hasty agreement with the American position," underlined M Chirac. [I have to say this is as about as rude as it gets, It's the sort of language one might use speaking to a naughty child].
UNE DÉMARCHE "DANGEREUSE"
"Je trouve que la Roumanie et la Bulgarie ont été particulièrement légères de se lancer ainsi, alors que leur position est déjà très délicate à l'égard de l'Europe. Si elles avaient voulu diminuer leurs chances de rentrer dans l'Europe, elles ne pouvaient pas trouver meilleur moyen", a insisté le chef de l'Etat.
I find Romania and Bulgaria particulalry light weight launching themselves in this fashion, given that their position regarding entrance to Europe [EU] is already very delicate. If they wante to to diminish their chance of entering Europe they could not find a better way"....
Ces pays, a poursuivi M. Chirac, ont fait preuve d'une "certaine légèreté". "Entrer dans l'Union, a-t-il expliqué, cela suppose tout de même un minimum de considération pour les autres, un minimum de concertation.
These countries, continued M Chirac, proved they are "lightweights." "To enter the Union," he explained, "Supposes a minimum consideration for others, a minimum cooperation."
Si, sur le premier sujet difficile, on se met à donner son point de vue indépendamment de toute concertation avec l'ensemble dans lequel on veut entrer, alors ce n'est pas un comportement bien responsable.
If with the first difficult subject one puts his point of view independent of any coordination with the body in which one wants to enter, then it's not very responsible behaviour."
[Just to drive it home he then insults them again.]
En tout cas, ce n'est pas très bien élevé." Au-delà du côté "un peu enfantin" de leur démarche, a expliqué M. Chirac, celle-ci est "dangereuse"puisque plusieurs pays, parmi les Quinze, vont devoir ratifier l'élargissement par référendum.
"In any case, it's not very good manners." [if not nekulturny] Not only is their behaviour "somewhat infantile" said M. Chirac, it is "dangerous" because several countries of the Fifteen are going to ratify the enlargement by referendum.
[The rest of the paragraph is more of the same. If yopu can't be well behaved we're not going to let you in. Even the le Monde writer calls it a diatribe.]
"Or on sait très bien que, déjà, les opinions publiques, comme toujours quand il s'agit de quelque chose de nouveau, ont accueilli l'élargissement avec quelques réserves, sans toujours comprendre l'intérêt qu'elles avaient à l'approuver." Ces "écarts" des pays candidats risquent de renforcer "un sentiment d'hostilité" dans l'opinion publique des Quinze, a conclu Jacques Chirac. La diatribe du président français risque d'être d'autant plus mal ressentie dans les capitales des pays visés que la France est réputée, avec l'Allemagne (et avec le soutien de la Grèce), s'être opposée à l'invitation des pays candidats lors du sommet européen de lundi.
Cette interprétation a été démentie par un haut diplomate français, pour qui il ne fait, en revanche, guère de doute que la Grande-Bretagne et l'Espagne étaient favorables à cette invitation, dans le but de rééquilibrer le sommet à leur profit, et dans le sens atlantiste. Plusieurs capitales des pays candidats n'ont pas caché leur irritation de n'avoir été conviées que le lendemain pour être "informées" des conclusions du sommet. La Pologne, notamment, a fait savoir que son premier ministre, Leszek Miller, ne ferait pas le voyage de Bruxelles.
La critique virulente du président français a sans doute été alimentée par les propos de Donald Rumsfeld, secrétaire américain à la défense, qui avait opposé la "nouvelle Europe", incarnée par les pays candidats qui ont manifesté leur soutien à Washington, à la "vieille Europe", au sein de laquelle il rangeait manifestement la France et l'Allemagne. Remerciant la Grèce pour la tenue du sommet M. Chirac a salué, lundi, ce "brillant témoignage de la "vieille Europe"".
[Here's where it gets intersting]:
Et Louis Michel, ministre belge des affaires étrangères, a fait ce commentaire : "Nous le savons tous, encore que nous hésitions à le dire : c'est la relation transatlantique qui est également en jeu dans notre débat sur l'Irak"...
And Lous Michel, Belgian Minister of Foreign Affairs, commented: "We all know, even though we hesitate to say it: it's the trans-Atlantic relationship which is equally in play in our debate on Iraq...."
In an article in Le Figaro it's claimed the outburst was not at all spontaneous. A Chirac spokesman apparently said it was planned in advance and the EU president was told about it in advance. That should go down well with everyone.
lefigaro.fr
La sortie de Chirac n'avait rien de spontané. C'est délibérément et consciemment, explique-t-on dans son entourage, qu'il s'est affranchi des usages diplomatiques pour dire leur fait aux pays candidats. Il avait à l'avance informé la présidence grecque de son intention. «Il n'y avait aucune menace dans les propos du président, confiait-on hier à l'Élysée. Mais si des pays candidats pensent pouvoir entrer dans l'Europe et profiter de ses avantages financiers sans respecter ses règles et usages politiques, ils se trompent lourdement. Il était préférable de leur dire avant leur adhésion.» Le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a affirmé crûment que «l'Europe n'est pas un tiroir-caisse».
|