Voici l'article en question.
Lithos: le point Pouliot, François
TYPE: Chronique; Graphique, tableau, etc. LONGUEUR: Long CENTRE D'INTÉRÊT: Bourse, marché des changes, etc.; Finances des entreprises; Industries de transformation des métaux CENTRE GÉOGRAPHIQUE: Québec ENTREPRISE: Lithos; Limtech
Ainsi donc, les premiers véhicules électriques feront prochainement leur apparition dans la région de Montréal. Hydro-Québec et les gouvernements du Québec et du Canada ont lancé, la semaine dernière, un programme d'aide pour l'acquisition d'une quarantaine de prototypes.
Non, les engins ne seront pas alimentés par la pile ACEP, cette fameuse pile lithium qui, si elle se rend à maturité et gagne en ferveur, aura un impact important sur la demande en lithium métal.
La pile ACEP est toujours en développement, tout comme d'ailleurs les projets de Lithos (MTL, LTS, 36¢), avec qui nous avons profité de l'occasion pour refaire le point.
Dans l'attente de développements du côté de la pile ACEP, Lithos a décidé, il y a quelques mois, de se diriger vers la purification du carbonate de lithium. Le produit est notamment utilisé dans les piles lithium qui alimentent ordinateurs portatifs et téléphones mobiles.
Au mois d'octobre, Lithos annonçait que sa filiale, Limtech, à qui avait été transféré le développement du projet lithium, allait être réintégrée à la société mère alors que l'actif aurifère allait probablement être évacué de la compagnie. Au même moment, le gouvernement du Québec, via le Fonds de développement industriel, accordait une aide de 750 000 $, et le Conseil national de recherche, une aide de 350 000 $.
Où en sommes-nous aujourd'hui?
Selon Louis Lessard, vice-président finances, la société est actuellement à adapter la granulométrie et le pourcentage d'humidité du carbonate aux besoins de clients cibles.
Le marché japonais est principalement prospecté. Dans ce but, la société a mis sous contrat Kochi Okuda, un vice-président d'Alcan Aluminium au pays du Soleil levant.
En laboratoire, les résultats semblent intéressants. D'une capacité initiale de 10 tonnes par année, l'usine pilote est maintenant en mesure d'en produire une cinquantaine.
Mais le projet ne pourra atteindre la rentabilité que si l'on construit une usine commerciale.
Deux questions se posent donc:
1-Peut-on s'y rendre avec les ressources financières actuelles?
2-Qui financera cette construction?
Selon M. Lessard, les encaisses de Limtech et Lithos tournent autour des 300 000 à 400 000 $ lorsque combinées. Compte tenu des travaux qui restent à faire, il faudra d'autres sous pour poursuivre le développement. Des financements privés sont en négociation et Lithos espère pouvoir amasser autour de 1,5 millions $.
Nous sommes relativement confiants de voir ces financements se compléter étant donné une étude de la SGF, réalisée l'an dernier, qui conclut à un potentiel fort intéressant du côté du carbonate de lithium.
Cela nous amène à la question 2.
Initialement, une usine commerciale de 500 tonnes de carbonate de lithium était en plan. Ça semble toujours être l'option numéro un, mais M. Lessard laisse entendre qu'une usine capable de produire 1000 tonnes est aussi envisagée.
Fonction de l'option choisie, les coûts de construction se situeraient entre 7 et 15 millions $.
Pour assurer la viabilité du projet, Lithos aimerait bien avoir la SGF pour partenaire et un autre joueur majeur qui pourrait acheter une bonne partie de la production. Des discussions sont en cours avec la SGF, mais impossible d'en savoir plus.
Partenariat veut dire moins de sous à sortir, mais veut également dire partage des bénéfices.
Afin d'évaluer notre placement, nous nous sommes donc livrés à un petit calcul maison, qui n'a rien de scientifique, et qui pourrait bien faire face à la critique. Mais il nous faut tout de même se donner des repères, et le raisonnement nous apparaît avoir de raisonnables chances de matérialisation.
Dans un communiqué publié en octobre, Lithos fixe le prix de vente d'un carbonate pur à 99,999 % à 55 $ US/kg et à 38 $ US/kg celui pur à 99,99 %.
Nous optons pour un prix moyen très conservateur à 40 $ US/kg.
Nous optons également pour une usine de 500 tonnes, plutôt que de 1000 tonnes.
À 40 $ US le kilo, une usine de 500 tonnes devrait générer des ventes annuelles d'environ 18 millions $ US.
Étant donné la présumée avance technologique de la société, grâce au procédé Silvilotti, nous avons opté pour une marge bénéficiaire nette de 25 %. Cela peut sembler élevé, mais non déraisonnable en postulant que la concurrence travaille avec des procédés plus anciens et recherche sans doute une marge d'environ 15 %.
Cela nous amène à un bénéfice net attendu d'environ 4,5 millions $ US. Converti en dollars canadiens, cela veut dire autour de 7 millions $.
Nous tablons que Lithos devrait conserver le contrôle du projet et lui accordons donc une part dans les profits de 50 %, soit 3,5 millions $.
La société a actuellement près de 35 millions d'actions en circulation. Étant donné les financements à venir, et d'autres qui pourraient être nécessaires, nous estimons que 50 à 55 millions d'actions pourraient être en circulation au moment de l'arrivée des bénéfices.
Cela nous donne un bénéfice par action autour de 7¢.
Comme il s'agit d'une société technologique, nous croyons que le marché lui appliquera un cours bénéfice variant entre 15 et 20. Cela placerait l'action entre 1,05 $ et 1,40 $.
Notre calcul ne donne aucune valeur aux actifs aurifères, qui pourraient s'apprécier advenant une reprise du prix de l'or. Nous n'avons également pas tenu compte des pertes accumulées dans le passé par Lithos, pertes qui pourraient éventuellement être utilisées lors des premières années de production et venir amplifier les bénéfices de la société.
Comme le marché a toujours tendance à anticiper les résultats, le titre pourrait connaître une appréciation intéressante sur l'annonce de la mise en route d'une usine commerciale.
Celle-ci pourrait survenir dans le courant de 1999. Dans ce contexte, nous conservons nos actions.
Simulation boursière
L'Association des étudiants en finance de l'université Laval tient jeudi une simulation boursière sur le parquet du Pavillon Desjardins. Le grand public est invité à participer. L'événement se déroulera entre 10h et 17h. Il en coûte 8 $ pour s'inscrire. Pour plus de détails: 656-2608.
NOTE: Les commissions sont calculées selon la grille du courtier. Pour plus d'informations: 654-0700, ext.: 1-800-363-1531 ou Place de la cité, bureau 20, Sainte-Foy.
Le Fonds Alpha est géré par des étudiants en administration de l'université Laval. Il est commandité par la Caisse de dépôt et placement du Québec, L'Industrielle-Alliance compagnie d'assurance-vie, la firme comptable KPMG, et Valorem.
FPouliot@lesoleil.com
DOC. #:990202LS077
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