The following French paper reveals how the infamous far-rightist DPS (ie Département Protection-Sécurité) was much, much more than a mere security agency run by and for the Front National.... Accordingly, it refers to its close connection with DPSD(*), an allegedly top-secret intelligence outfit run by the French military.
Once again, it confirms my theory that the French government felt necessary to set up a special task force whose real purpose and mastermind would be concealed even from France's official intelligence (DGSE, DST,...)
The fact that the DPS was incorporated under the presidentship of Machiavellian Fr. Mitterrand is no surprise.... The scheme was brilliant indeed: on the surface, DPSD agent Bernard Courcelle was to recruit and organize hundreds of --mostly French-- mercenaries, cops, and intelligence officers allegedly to provide FN leaders with proper security. Here comes the domestic cover: harassing pinko journalists, molesting anti-FN demonstrators, and supplying FN meetings with bodyguards and vigilantes.... However, the real agenda lay beyond that "domestic" cover: Bernard Courcelle's brother Nicolas headed Groupe Onze France, a mercenary outfit that was involved in Africa's recent troublespots (Comoros, Kisangani,...)
Such overseas missions were never mentioned in all the fuss the press made about DPS --because it was TOP-SECRET stuff!!
(*) fas.org
From Mitterrand to Le Pen
The adventures of Bernard Courcelle
Fonctionnaire hors catégorie du cadre A, c’est un métier, celui de Bernard Courcelle lorsqu’il s’occupait de surveiller les "œuvres d’art" du musée d’Orsay. Il y a là, comme on sait, quelques tableaux, dont l’Origine du Monde, d’une certaine importance.
Mais, lorsque Bernard Courcelle officiait au Musée d’Orsay, de 1990 à 1994, l’Origine du monde était encore cachée dans le placard d’un collectionneur. Au Musée, il s’occupait surtout de protéger la conservatrice, une certaine Anne Pingeot, une femme qui gagna beaucoup en notoriété peu avant la mort de François Mitterrand. C’est alors qu’on apprit qu’elle avait été la "deuxième dame" de France tout au long des quatorze ans de règne de l’homme à la rose au poing.
Tout au long de ces années, la protection d’Anne Pingeot, et de sa fille Mazarine, avait été élevée au rang de première préoccupation de la République, ainsi qu’on finit par l’apprendre à l’occasion des déballages de Jean Edern Hallier et de l’affaire des écoutes de l’Elysée. Des écoutes à très grande échelle dont la fonction essentielle semble avoir été de protéger le "secret" sur la famille du Président. Cette obsession paranoïaque du monarque pourrait avoir été la vraie raison de la création, dès son accession au trône, d’une super-police particulière pour le Président, composée des gendarmes de Christian Prouteau, organisation qui se chargera des fameuses "écoutes de l’Elysée".
"On sait que cette structure (officiellement jamais créée et néanmoins prétendument dissoute en 1983), avait été initialement mise en place par François Mitterrand pour protéger Anne et Mazarine Pingeot après que Pierre Marion et des officiers républicains eurent refusé de dévoyer les moyens de la DGSE à des fins privées " (1), signale le Réseau Voltaire.
Protection for the whole family
De Mazarine, on finit par savoir qu’elle était pour son père comme la prunelle de ses yeux, incarnant la possibilité de prolonger son œuvre, œuvre dont elle est devenue, sans contestation possible, la principale héritière. Soyons certains que sa sécurité, comme celle de sa mère, n’étaient pas confiées à n’importe qui.
"Peu après ma prise de fonction, un officier de la sécurité de l’Elysée vint me voir et me demanda de faciliter l’entrée de Mazarine Pingeot lorsqu’elle venait rendre visite à sa mère. Mon rôle s’est borné à cela", confirma Bernard Courcelle, après avoir été mis en cause. Il avait précédemment avoué un autre aspect de sa mission : " Je m’occupais de préparer les visites, souvent impromptues, de François Mitterrand à Anne Pingeot "(2). Ainsi Courcelle n’avait pas seulement en charge la sécurité de la deuxième épouse et celle de l’héritière, mais également celle du Président de la République lui-même.
De mai 1990 à mai 1994, Bernard Courcelle aura eu la garde du secret le plus protégé de la République, mais il ne cache pas que cette fonction n’était pas bien passionnante. C’était "pour tout dire plutôt ennuyeux", reconnaît-il. Pour se distraire de ce travail barbant, le capitaine Courcelle pratiquait de curieux passe-temps :
"En 1992, Bernard Courcelle s’était rendu en Tchétchénie afin de réaliser un audit sur la sécurité des ressortissants occidentaux devant participer à un important consortium franco-américain ". À cette occasion, il avait fait la connaissance du président tchétchène Djokhar Doudaïev, qu’il rencontrera à quatre reprises durant l’année 1993", résume le Réseau Voltaire (3), synthétisant les informations publiées par diverses sources.
Arms trafficking and other wangles
Cette histoire est surtout connue depuis qu’elle fit l’objet d’un reportage du Vrai journal de Canal +, fin 1997. Un témoin ayant participé à l’une de ces expéditions de soutien à la cause tchétchène "rapporte avoir entendu Courcelle formuler des propositions précises en direction de Doudaïev et du général tchétchène Chamil Bassaïev: "Nous avons toute l’"expertise", des amis pilotes prêts à se dévouer pour votre cause moyennant des prix modiques. Et, en Croatie, on trouve des armes pour trois fois rien. ""
Modeste, Bernard Courcelle dément : "Je ne suis pas un habitué de ces choses". Tout en confirmant : " J’ai peut-être dit que je connaissais des gens en Croatie, en Pologne, en Afrique du Sud qui faisaient commerce d’armes… " (4)
Or il n’est pas tout à fait sûr qu’il ne soit pas "un habitué de ces choses là". C’est en fait son métier. "Bernard Courcelle est "correspondant" de la Direction de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD). Il y était chargé de la surveillance des trafics d’armes et des mercenaires."(5)
On suppose d’ailleurs que c’est dans le cadre de ces fonctions qu’"en 1985, Bernard Courcelle dit s’être mis en disponibilité au grade de capitaine pour entrer dans la société d’armements Luchaire, tout en conservant son habilitation confidentiel-secret-Défense."
Là aussi il eut l’occasion de vivre des épisodes palpitants puisque c’est pendant qu’il y était que Luchaire passa sous les feux de la rampe pour avoir livré clandestinement des armes à l’Iran (6) Au passage, un conseiller du ministre socialiste de la Défense de l’époque, Charles Hernu, aurait eu l’occasion d’avouer à un général chargé d’enquêter sur le sujet: "Vous comprenez, Luchaire alimente les caisses du Parti socialiste " (7).
L’affectation suivante de Bernard Courcelle auprès d’Anne Pingeot, deuxième femme du Président de la République socialiste permet de penser que le capitaine Courcelle de la DPSD pourrait avoir été bien en cours auprès de ce cercle étroit dont sut s’entourer François Mitterrand où l’on comptait entre autres Charles Hernu.
From l'Elysée to the Front National
Mais si l’on s’intéresse tant à Bernard Courcelle aujourd’hui, c’est surtout en raison de sa troisième affectation: de mai 1994 jusqu’au début 1999, ce monsieur fut le patron du service d’ordre du Front National. Sous sa direction, le Département Protection Sécurité du FN se professionnalisa. C’est rien de le dire. Il faut imaginer ce qu’était devenu ce service de trois mille hommes, organisé à la fois comme une petite armée et comme un service de renseignement moderne. Service de renseignement s’appuyant sur un très grand nombre de collaborateurs, puisqu’il pouvait compter au moins sur l’ensemble des adhérents et sympathisants du Front National. Une des particularités du DPS sous Bernard Courcelle semble avoir été son allégeance très forte envers Jean-Marie le Pen. Ceci s’exprimait d’une blague au Front National, lorsqu’on disait que les initiales DPS pouvaient aussi vouloir dire "Dépend du Président Seulement". Une de ses fonctions principales étant d’ailleurs d’assurer la protection du Président du parti fasciste.
Ce qui est surprenant dans le parcours de cette carrière d’agent hautement spécialisé, c’est de voir comment il a pu du jour au lendemain passer de la protection du Président de la République socialiste à celle du Président du parti fasciste.
Bernard Courcelle raconte lui-même que c’est le commissaire Charles Pellegrini, un ancien de la cellule élyséenne (comme Paul Barril), qui, en 1994, le présente à Jean-Marie Le Pen (8). Le leader fasciste fera aussitôt confiance au garde du corps du Président socialiste pour lui confier non seulement sa propre sécurité mais celle de son organisation.
Il faut croire que Jean-Marie Le Pen avait de bonnes raisons pour accepter d’embaucher Bernard Courcelle, cet employé direct de François Mitterrand qui lui était présenté par un autre "homme du Président", le commissaire Pellegrini (9).
Il faut aussi supposer que François Mitterrand non plus ne craignait pas de voir sa propre sécurité, celle de sa femme, celle de sa fille, entre les mains du Front National.
Est-il besoin de souligner que cette double conséquence ouvre une perspective vertigineuse? On savait jusqu’à présent que François Mitterrand avait lancé la carrière de Jean-Marie Le Pen, en 1982, lui ouvrant les portes des meilleurs plateaux télé (10), ce que le leader fasciste sut exploiter avec le succès que l’on sait. Offrant à l’extrême droite une importance qu’elle n’avait jamais eue, au moins depuis l’origine de la Ve République, sinon depuis la deuxième guerre mondiale. A ce sujet, on crédite à juste titre François Mitterrand pour son génial machiavélisme. Suscitant une extrême droite, il faisait d’une pierre deux coup: il divisait la droite en même temps qu’il se mettait en position de rempart contre le fascisme. Brillante manœuvre, somme toute.
Il était néanmoins tout à fait légitime de faire le rapprochement entre cette subtilité tactique au bénéfice de l’extrême droite et la profondeur de la culture d’extrême droite que François Mitterrand avait acquise dans sa jeunesse. Mais on était loin de soupçonner que des liens organiques aussi rigoureux aient pu exister entre le vieux Président socialiste et le parti fasciste. Ceci en 1994, douze ans après le lancement de Le Pen en 1982.
Manifestement Jean-Marie Le Pen eut bien raison de faire confiance à François Mitterrand pour lui choisir son chef de service d’ordre. Courcelle parvint à accomplir une œuvre prodigieuse. En très peu de temps il réussit à mettre sur pied une organisation remarquable. Tellement remarquable qu’elle a fini par susciter un certain intérêt de la presse, ce qui aboutit, grâce à l’insistance du réseau Voltaire, à la création d’une commission d’enquête parlementaire à son sujet, cet an 1999 (11).
La particularité du DPS de Bernard Courcelle, c’est qu’il s’agit d’une première: ce n’est pas tous les jours qu’une organisation armée non-étatique est tolérée sur le territoire de la République. Selon la formule de Max Weber, "l’État détient le monopole de la violence". Comment le Front National aurait-il pu monter un petite armée moderne, avec son matériel, ses camps d’entraînements, et ses structures de commandement secrètes, sans que l’État ne s’en inquiète? Une telle carence des services de sécurité de l’État est franchement étonnante. A moins que les structures de commandement d’une organisation potentiellement aussi dangereuse n’aient pas été si secrètes pour l’État, particulièrement pour son chef, que cela ne semblait pas inquiéter.
Communicating vessels
D’ailleurs, l’histoire ne dit-elle pas ce que "faisait la police"? Bernard Courcelle n’est-il pas un agent de la DPSD? Or ce sont précisément les fonctions de cet organisme, l’ancienne Sécurité militaire, que de veiller à ce type de problèmes. On apprend à l’occasion que Bruno Gollnisch, le Secrétaire général du Front National, est aussi un agent de la DPSD.
Cet ensemble d’observations conduit à se demander ce que peut bien être cette DPSD, service secret de l’armée dont on n’entend pas si souvent parler puisque jusque là même des spécialistes de ces questions pouvaient ignorer jusqu’à son nom. De fait, rebaptisée par Mitterrand en 1981, l’ancienne Sécurité militaire a réussi à se faire splendidement oublier sous son nouveau nom. Une enquête tenace a permis néanmoins d’apprendre que ce service quasi homonyme du super service d’ordre fasciste, qui se nomme donc Direction de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD) (12) "est installé dans des locaux ultra secrets sis 1, place Saint-Thomas d’Aquin, 75007 Paris. Elle emploie environ 1600 hommes, principalement recrutés parmi des sous-officiers et officiers de marine. Il s’agit du service le plus secret et le plus puissant de l’appareil d’État, puisqu’il dispose de pouvoirs d’investigation illimités", précise le Réseau Voltaire.
"Parmi ses attributions, la DPSD est maître des habilitations "Défense", et à ce titre, peut mettre instantanément un terme aux carrières civiles et militaires liées à la Défense. Elle est également en charge du signalement des trafics d’armes et des recrutements de mercenaires."
En se chargeant de la milice du Front National, la DPSD faisait à moindre frais une excellente opération, puisque d’une certaine façon elle s’adjoignait le renfort de milliers de volontaires, encadrés solidement par quelques professionnels comme Bernard Courcelle ou Bruno Gollnisch.
Executive privilege and unofficial militia
Quant à François Mitterrand, une telle initiative lui permit d’étendre le "domaine réservé" présidentiel dans des proportions jamais égalées avant lui(13). Notons que l’initiative d’octroyer une armée privée au parti fasciste fut prise par Mitterrand au printemps 1994, en même temps qu’il prenait la responsabilité du génocide rwandais.
Pourquoi? On est bien sûr réduit aux hypothèses. Il est très peu probable que les deux événements n’aient aucun lien. Mais quel sens pouvait avoir pour François Mitterrand de renforcer à ce point son alliance avec l’extrême droite au moment où il prenait des risques considérables en politique étrangère, particulièrement en ordonnant l’attentat contre Juvénal Habyarimana qui déclencha le génocide rwandais? Hypothèse: Mitterrand se couvrait. Au cas où le scandale éclate dans des proportions telles qu’il puisse être déstabilisé, le chef de l’État aurait disposé d’une garde prétorienne totalement dévouée, ce qui peut toujours servir.
Dans quelle perspective? C’est bien sûr très difficile à dire. On est là dans un domaine où les spéculations sont par définition hasardeuses. Rappelons simplement que si ce type de démarche évoque un précédent, c’est celui de la Cagoule, à la fin des années trente. Or François Mitterrand, dans sa jeunesse, était un proche des dirigeants de la Cagoule. Cela n’était probablement pas sans signification pour lui, puisqu’il se préoccupa avant de mourir de commanditer à Pierre Péan une biographie sur cette période trouble de sa jeunesse (14). Une biographie qui fit scandale, mais dont la principale caractéristique est qu’elle gomme toute référence à la Cagoule.
La Cagoule était une organisation d’extrême droite disposant de nombreuses ramifications dans l’armée, y compris à sa tête. Il s’agissait, comme le DPS, d’une organisation militaire aussi bien que d’un service de renseignement. Jusqu’à sa mort, François Mitterrand ne démérita pas de la Cagoule (15).
Malgré le caractère vertigineux de ce rapprochement comme de bien des aspects de ce dossier, par delà la mort de François Mitterrand il semble utile de garder à l’esprit qu’en plus d’une page pour le moins rocambolesque de l’histoire contemporaine, cette affaire permet de mettre à jour un organisme étonnamment méconnu de l’État ainsi que la nature de certaines de ses activités. La puissance des moyens qu’elle rassemble et la façon dont ceux-ci ont pu être employés font que la DPSD mérite sûrement bien plus d’attention qu’on n’a pu lui en porter jusqu’ici.
De fait, comme mesure élémentaire de protection de la démocratie, sa dissolution s’impose.
Michel Sitbon
Footnotes : [...]
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